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Larves blanches sous une terrasse en bois : hanneton ou insecte du bois ?

Larves blanches sous une terrasse en bois : hanneton ou insecte du bois ?
Fabien
19 août 2026 4 min de lecture

Vous soulevez une lame de terrasse et vous tombez sur des larves blanchâtres. La réaction est immédiate : est-ce que le bois est attaqué ? La réponse dépend entièrement de l’endroit exact où se trouvent ces larves, et la distinction est plus simple à faire qu’il n’y paraît.

Dans la terre : ce sont des vers blancs, et le bois n’a rien à craindre

Si les larves grouillent dans le sol sous la terrasse, sans contact avec les lames ni les lambourdes, il s’agit presque toujours de vers blancs au sens strict : des larves de hanneton, de cétoine ou d’otiorhynque.

Elles se reconnaissent à leur forme en C bien marquée, leur corps dodu, leur tête brune ou orangée nettement colorée, et leurs trois paires de pattes bien visibles à l’avant. Elles peuvent atteindre plusieurs centimètres pour les plus grosses. Ces larves mangent de la matière organique et des racines. Elles n’ont aucun intérêt pour le bois sec et ne creuseront jamais une lambourde.

Leur présence signale surtout un sol riche et humide sous la terrasse — souvent le signe qu’il n’y a pas assez de ventilation ou que l’eau stagne. C’est un problème d’aménagement, pas d’infestation.

Dans le bois : là, il faut regarder de près

Si les larves sont à l’intérieur du bois, dans une galerie, la situation est différente. Les larves d’insectes xylophages — vrillette, capricorne, lyctus — sont blanc crème, plus petites, entre trois et dix millimètres selon l’espèce et le stade, et leur corps est moins arqué que celui d’un ver blanc.

Mais on les voit rarement. Ce sont les indices qu’elles laissent qui alertent : des trous circulaires de deux à trois millimètres en surface, une sciure fine et pâle au pied des lambourdes, un son creux quand on tape la lame, et surtout un bois qui s’enfonce sous la pointe d’un tournevis.

Le développement larvaire de ces insectes est long : de quelques mois à plusieurs années selon les conditions. Autrement dit, une terrasse peut être attaquée bien avant que le moindre trou n’apparaisse en surface. Les trous que vous voyez sont des trous de sortie, faits par l’adulte qui s’échappe — ils signalent une infestation déjà installée, pas une infestation récente.

Larves blanches sous une terrasse en bois : hanneton ou insecte du bois ?

Le test qui tranche en deux minutes

Prenez un tournevis plat et appuyez fermement sur une lambourde, en plusieurs points, notamment près des appuis et là où l’eau ruisselle. Un bois sain résiste. Un bois attaqué ou pourri cède sans effort et laisse une empreinte.

Faites le même test sur les lames, en insistant sur les extrémités et les zones toujours à l’ombre. Si tout résiste, vos larves sont dans la terre et le sujet est clos. Si quelque chose s’enfonce, la question n’est plus l’identification de la larve mais l’état de la structure.

Ce qui attire les uns et les autres

Les deux familles partagent un point commun : l’humidité. Une terrasse posée trop près du sol, sans lame d’air suffisante, avec un géotextile absent et des eaux de pluie qui stagnent, réunit les conditions idéales pour les deux.

La règle de base est de laisser respirer le dessous. Une ventilation transversale, une pente légère du support, un vide sanitaire d’au moins quelques centimètres et un désherbage régulier limitent nettement les problèmes. Les bois de classe 4 ou les essences naturellement durables résistent bien mieux, mais aucun traitement ne compense un sous-bassement gorgé d’eau en permanence.

Deux erreurs de pose reviennent systématiquement dans les terrasses attaquées. La première consiste à poser les lambourdes à même le sol ou sur une simple bande de géotextile, sans plot ni cale : le bois reste alors en contact permanent avec l’humidité du terrain. La seconde est de fermer les quatre côtés de la terrasse par une jupe décorative pleine, qui supprime toute circulation d’air sous le platelage. Une jupe ajourée règle le problème sans rien changer à l’esthétique.

Quand ces larves entrent dans la maison

Le sujet dépasse parfois le jardin. Les larves qui prospèrent dans un sol humide finissent parfois par se retrouver à l’intérieur, portées par du terreau, un pot ou simplement par une entrée de vide sanitaire mal fermée. le magazine Le Quotidien Maison a fait le tour des origines possibles et des solutions quand ces vers blancs apparaissent dans l’habitation elle-même.

Dans les deux cas, la même logique s’applique : traiter la larve ne sert à rien tant que l’humidité qui l’a attirée reste en place.

Fabien
Rédacteur

Passionné(e) par l'habitat et la rénovation, partage régulièrement des conseils et astuces pour améliorer votre espace de vie.

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